Il existe dans le monde de nombreuses organisations appartenant à différentes religions et constituées sous des noms variés. S’organiser, se développer, diffuser ses idées afin de créer un réseau, mener des activités de lobbying, procurer des avantages aux personnes appartenant à une organisation ou entreprendre des actions renforçant leur attachement à celle-ci sont, presque partout dans le monde et du point de vue du droit international, des droits parfaitement normaux et naturels. Ces droits sont valables pour chacun et pour les membres de toutes les croyances.

  Mais que se passe-t-il lorsque trois personnes se réunissent quelque part dans le monde et considèrent tous les autres comme des ennemis, obtiennent des profits et des avantages illégitimes, exploitent les individus, s’approprient les droits de ceux qui n’appartiennent pas à leur organisation et estiment avoir le droit d’attaquer ceux qui sont différents d’eux ?

  Nous parlons d’une structure qui tente de rendre tout ce qui est différent semblable à elle-même et dépendant de la mentalité de l’organisation, qui méprise les droits humains, les droits des femmes et les droits des enfants, et qui considère que ses membres n’ont aucune responsabilité morale et que les intérêts de l’organisation doivent toujours passer en priorité.

  L’existence et les actes d’une organisation qui considère la saisie des biens d’autrui comme licite et sacrée, et qui juge légitimes l’armement, les attaques, les meurtres et les conquêtes, peuvent-ils être reconnus comme un droit ? Le fait d’être une organisation, d’être nombreux, de posséder un livre et d’avoir un dirigeant vous donne-t-il le droit de commettre tout cela ?

  C’est précisément là où je veux en venir.

  Il existe évidemment des organisations normales qui accomplissent les premières activités que j’ai énumérées. Cependant, pour ne pas avoir peur d’une organisation, d’une structure ou d’une conception religieuse principalement représentée par Al-Qaïda, les talibans, Daech, le Hezbollah, Boko Haram, les Houthis et le régime iranien, il faut être soit stupide, soit plus puissant qu’eux. Pour ne pas s’opposer à une telle structure, il faut être soit l’un des leurs, soit l’un de ceux qui les dirigent.

  S’opposer à une telle structure et à une telle conception de la croyance ne peut jamais constituer un crime.

  Ce que l’on appelle « islamophobie » est l’une des peurs les plus naturelles et les plus prévisibles au monde. En effet, ces structures et ces organisations radicales produisent continuellement de la peur et des agressions. Tant qu’existeront des organisations qui maintiennent constamment le monde dans la guerre, organisent des attaques armées, méprisent les droits des femmes, les droits humains et les droits des enfants, et considèrent avoir le droit de décapiter, d’anéantir et de violer ceux qui ne leur appartiennent pas, personne sur Terre ne pourra être accusé d’islamophobie. Les individus ont plus qu’assez de raisons d’éprouver cette peur.

  S’ils attaquent, je suis alors contraint d’adopter une position qui les exclut, qui me tient éloigné d’eux et qui me conduit à les haïr. Je ne peux pas être naïf au point de présenter un tableau idyllique et de dire : « Ce ne sont que certains d’entre eux qui agissent ainsi ; ils ne sont pas tous pareils. »

Car le livre est là, sous nos yeux.

  Car les actes de la personne qu’ils acceptent comme guide sont là, sous nos yeux.

  Si leur dirigeant pouvait avoir des relations sexuelles avec une enfant de neuf ans, comment pouvons-nous affirmer que ses disciples ne possèdent pas le potentiel de faire la même chose ? Reconnaître qu’un tel potentiel existe chez eux peut-il être considéré comme un crime ?

  Je place naturellement dans une catégorie différente les personnes maintenues dans l’ignorance, celles qui n’ont pas pu recevoir d’éducation ou trouver l’occasion d’apprendre, celles qui appartiennent à l’islam uniquement parce qu’elles ont hérité cette religion de leur famille, ainsi que les personnes bonnes.

  Cependant, il existe tellement de personnes qui voient et connaissent ce qui s’est passé, qui se radicalisent en affirmant que tout cela est légitime, et qui deviennent encore plus brutales à mesure qu’elles lisent et apprennent, qu’il devient impossible de ne pas ressentir de peur ou de haine.

  La phobie ne se nourrit pas à l’égard des innocents.

  Elle se nourrit à l’égard des meurtriers, des criminels et de ceux qui considèrent l’agression comme leur droit.

  Et elle doit s’en nourrir !