En raison du fait que le peuple kurde n’a pas pu atteindre une conscience nationale et à cause des politiques des États occupants, l’existence kurde est entrée dans un grave danger.

  Les États occupants, avec les politiques d’assimilation, d’écrasement et de massacres qu’ils appliquent depuis des siècles sur les terres du Kurdistan, ont complètement étouffé la voix et les revendications du peuple kurde. Aujourd’hui, même alors que l’État iranien est sous la menace d’être détruit, alors que des dizaines de personnes sont pendues chaque jour par le Régime assassin parce qu’elles sont kurdes et originaires du Kurdistan, les Kurdes ne formulent toujours aucune revendication ; alors que, s’ils le voulaient, ils disposent d’une force militaire et matérielle suffisante, et pourraient conduire leurs peuples vers une indépendance absolue, ils ne font même pas un seul pas.

  Nous avons vu la même situation il y a des mois au Rojava également : alors que le Régime d’Assad s’était effondré et que toute autorité avait disparu, les forces kurdes, qui avaient entre leurs mains plus de cent mille soldats et des munitions, n’ont même pas bougé de leur place, n’ont pas libéré ne serait-ce qu’un pouce de terre, et en plus ont perdu tous leurs acquis face à une organisation islamiste radicale Meurtrière, Réactionnaire. Maintenant, au début de 2026, sans même parler des millions de kilomètres de territoire et des puits de pétrole entre leurs mains, elles sont devenues incapables même d’accrocher une enseigne en kurde à la porte de leurs propres institutions.

  De nouveau, l’administration autonome du Kurdistan située dans le nord de l’Irak, elle, s’occupe de ses propres jeux de féodalité et de tribus, de ses conflits tribaux, et de choses comme accumuler des biens à l’étranger, et en est arrivée au point de ne même plus pouvoir payer les salaires des fonctionnaires qui se trouvent sous sa propre administration. Nous assistons aujourd’hui aux initiatives de l’État irakien visant à reprendre l’autorité et à supprimer complètement la compétence fédérale face à ces féodalités régionales qui ne possèdent aucune conscience du droit, aucune conscience de gestion, aucune intention d’étatisation. Il est très douloureux que même les personnes qui se voient comme des leaders aient un horizon si étroit et si pitoyable qu’elles ne peuvent même pas rêver d’un pays indépendant pour leur peuple et de pouvoir diriger ce pays.

  Quant au plus grand État turc fasciste et génocidaire, il continue à faire fonctionner exactement tels quels ses plans centenaires. Le leader du PKK Öcalan, qui est prisonnier entre les mains de l’État turc et dont aucune parole ne devrait jamais avoir la moindre validité, livre aujourd’hui l’existence de son propre peuple à l’État turc, ou bien ceux qui croient être des dirigeants, incapables et dépourvus de prévoyance, qui assurent à sa place la fonction de direction, comme s’ils ne savaient pas qu’Öcalan est un prisonnier et à quel point cet État est meurtrier et diabolique, restent silencieux et immobiles face à ce qui se passe. L’État turc a d’abord turquifié la politique, puis il a poussé de force le peuple kurde dans les bras des nationalistes turcs. Malgré cette absence de politique kurde qu’ils ne veulent pas et qui ne leur convient toujours pas du tout, le peuple kurde, malheureusement silencieux, a été amené dans cet état par ses politiciens et ses dirigeants.

  Seuls le Mouvement pour l’Indépendance du Kurdistan et la croyance en celui-ci peuvent faire face à cette situation désespérée et pitoyable. Parce que le Kurdistan n’existe pas, aucune réaction massive et valable ne peut aujourd’hui être opposée à rien de ce qui se passe ; l’existence des Kurdes continue d’être mâchée comme du chewing-gum dans la bouche des États occupants. Sortir de cette situation ne sera possible qu’avec l’existence d’un Kurdistan Indépendant.

  Il existe des leaders, des Penseurs et des Masses kurdes qui ont adopté cet objectif comme principe. L’important sera de pouvoir réunir cette masse, et, avec des réactions et des décisions communes et cohérentes, de mener des initiatives visant à faire sortir les États occupants des terres kurdes.

Cet écrit est la déclaration de fondation de la Plateforme pour l’Indépendance du Kurdistan.